Le thym, de la plante aux huiles essentielles

Le thym commun (Thymus vulgaris L.), appelé farigoule dans le midi de la France, est un petit arbrisseau qui aime le soleil, les terrains secs et les rocailles. C’est une plante aromatique qui appartient à la famille des Lamiacées comme le romarin ou les lavandes. Il est utilisé, comme plante médicinales et condimentaire, depuis l’Antiquité. Les égyptiens s’en servaient pour embaumer leurs morts afin d’éviter la putréfaction des chairs. Les grecs en mettaient dans leurs plats afin d’en améliorer le goût et d’en faciliter la digestion. Tandis que les romains faisaient prendre des bains de thym à leurs soldats pour leur donner du courage avant un combat. Au Moyen Âge, Hildegarde de Bingen le préconisait dans le traitement des détresses respiratoires. Le thym contient de nombreux constituants qui en font un excellent antiseptique. C’est aussi un fortifiant remarquable !

Une grande adaptabilité

En phytothérapie, comme en aromathérapie, le thym est considéré comme une panacée, un champion de l’adaptabilité. Il est un des modèles de l’intelligence végétale ! Dans les années 1970, l’équipe de Robert Granger et de Jean Passet du laboratoire de chimie organique de la Faculté de Pharmacie de Montpellier a mis en évidence, la variabilité de la composition chimique de l’essence de thym. Selon l’endroit où il pousse, la nature du sol, l’ensoleillement et l’altitude, la plante synthétise certaines biomolécules en grande quantité afin de résister à des conditions climatiques parfois hostiles. Lorsque le climat est sec, que l’altitude avoisine les 300 m, le thym produit une grande quantité de thymol, un phénol. L’huile essentielle obtenue est de l’huile essentielle de thym à thymol ou huile essentielle de thym CT thymol, CT pour chémotype ou type chimique.  C’est le plus commun ! Plus on monte en altitude, plus on trouve du thym à linalol, à thujanol puis à géraniol.  Chaque huile essentielle, chaque chémotype, a des propriétés différentes. En 2006, grâce à Pierre Franchomme, l’Union Européenne a officialisé la notion de chémotype, si importante en aromathérapie, en adoptant la réglementation REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques). 

Le thym en phytothérapie

La tisane de thym va toujours être d’un grand secours dans de nombreuses situations ! Elle soulagera, agréablement et efficacement, un état grippal, quand vous vous sentez « patraque ». Elle aidera les convalescents à reprendre du courage, comme les soldats romains avant un combat ! Les fêtes arrivent, une bonne tisane de thym, après un repas copieux, vous permettra de mieux digérer.

 

Tisane de thym : Cette tisane antiseptique, tonique et digestive est particulièrement efficace. Mettez une poignée ou 30 g de thym dans un litre d’eau frémissante. Couvrez et laissez infuser 10 min. Buvez l’infusion dans la matinée en cas de rhume, de grippe, de convalescence pendant une dizaine voire une quinzaine de jours, ou boire une grande tasse après un repas copieux.

 

Les huiles essentielles de thym

L’huile essentielle de thym à thymol, la plus connue, est anti-infectieuse avec un tropisme, une affinité, pour la sphère pulmonaire qu’elle permet de dégager et de désinfecter en cas d’infections notamment de bronchite. Elle est aussi immunostimulante ce qui signifie qu’elle booste le système immunitaire. Elle est antalgique et tonique. Toutefois, comme toutes les huiles essentielles contenant des phénols, elle est dermocaustique ce qui signifie qu’elle brûle la peau et les muqueuses sur lesquelles elle est appliquée pure. Elle est, aussi, légèrement hépatotoxique ce qui signifie qu’elle présente une légère toxicité pour le foie. Elle sera prise, par voie orale, sous la forme de capsules ou de gélules, à raison de 2 gouttes, 3 fois par jour, pendant 5 jours pour toutes les infections du système respiratoire.

Les huiles essentielles de thym à géraniol, à linalol et à thujanol sont aussi d’excellentes anti-infectieuses mais plus douces que la précédente car nous sommes en présence d’alcools terpéniques qui ne possèdent pas les effets secondaires du puissant thymol.  D’ailleurs, ces huiles essentielles peuvent être utilisées chez les enfants à des posologies et des voies d’administration adaptées.

 

L’huile essentielle de thym à thujanol

L’huile essentielle de thym à thujanol a une affinité pour la sphère ORL. Elle permettra de soigner, très efficacement, les angines, les pharyngites, les otites et même les sinusites. On l’utilise, par voie orale, à raison de 2 gouttes d’huile essentielle dans du miel ou de l’huile végétale ou sur le support de votre choix (mie de pain ou comprimé neutre), 3 fois par jour, pendant 3 jours. Puis 2 gouttes, 2 fois par jour, pendant 3 jours. Cette huile essentielle ne présente pas d’effets indésirables et pas de toxicité aux doses recommandées.

 

 L’huile essentielle de thym à thujanol a une autre propriété dont on pourra bénéficier dans la maladie de Raynaud qui est caractérisée par un trouble chronique de la circulation sanguine au niveau des extrémités notamment des doigts et des orteils. L’huile essentielle de thym à thujanol est réchauffante !

 

L’hydrolat de thym

L’hydrolat de thym est aussi un produit extraordinaire. Vous pouvez vous en servir pour faire des bains de bouche ou des gargarismes. Il assainit et apaise les muqueuses en cas de gingivites, d’aphtose ou d’affections de la gorge (angine, pharyngite, laryngite…). Il est anti-infectieux et calmant. Par voie orale, il sera tonique et sera pris à raison de 2 cuillerées à soupe, le matin dans un grand verre d’eau, pendant 21 jours, notamment au début de l’hiver pour soutenir le système immunitaire et donner un peu de tonus au corps qui commence à être agressé par de nombreux microbes. Pensez à garder votre hydrolat au réfrigérateur une fois ouvert !

 

Je pourrais vous parler encore longtemps du thym car c’est une plante toute simple mais d’une incroyable richesse. J’aurais l’occasion d’y revenir mais aujourd’hui je pense vous avoir déjà donné beaucoup d’informations qu’il faut petit à petit assimiler ce qui n’est pas toujours facile ! Je vous dis donc à très bientôt pour de nouvelles aventures végétales et prenez bien soin de vous, naturellement !

Recommandations

les huiles essentielles sont déconseillées pendant les 3 premiers mois de la grossesse. Demandez toujours conseil à un médecin ou à une personne compétente, en cas de grossesse, d’allaitement, de traitement médicamenteux et pour les enfants de moins de 8 ans. Avant d’utiliser une huile essentielle, non dermocaustique, mettez une goutte dans le creux du coude. Si aucune rougeur n’apparait après 30 à 45 min, c’est qu’elle vous convient. Evitez tout contact entre une huile essentielle et les yeux. Pour toutes les préparations, bien respecter les protocoles décrits et les posologies.

2 Commentaires

  1. REMI
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    Merci pour toutes ces informations passionnantes. Une petite plante que l’on croise au bord des chemins de randonnée, banalisée, et pourtant une véritable force de la nature et toujours prête à nous en donner !
    Merci Pascale pour redonner sérieux et passion à la phytothérapie.

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    • Pascale Imbert
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      Merci beaucoup Rémi !

      Réponse

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